L’invitation au voyage : James Gray, partir et être ici (7/7)

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D’un départ, d’une arrivée. Qu’avons-nous face à nous ? La douceur du plan d’introduction de The Immigrant (2013) nous immisce dans ce qui semble être le début d’un rêve. Sous la brume vaporeuse d’un avenir aux contours indécis, la mythique Statue de la Liberté fait son apparition, où l’illusion s’entremêle au réel – si toutefois le réel existe. America, America [1], nous voilà, l’Anatolie ne restera qu’un vague souvenir. L’éruption d’une silhouette nous encourage à s’avancer, résistance au mouvement inverse d’une caméra qui s’éloigne étrangement. Retour brutal à la réalité d’un songe à peine commencé, où l’avidité de nos pas met fin à l’aveuglement : la figure émancipatrice nous tourne le dos. Lire la suite « L’invitation au voyage : James Gray, partir et être ici (7/7) »

L’invitation au voyage : Horizon perdu, chemin retrouvé (6/7)

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Dans Lost Horizon (Frank Capra, 1937), adaptation du livre éponyme de James Hilton paru en 1933, l’avion de Robert Conway ­– ­­ un diplomate, écrivain, ancien soldat et héros national anglais – s’écrase dans les montagnes tibétaines. Conway vient d’extrader des dizaines d’anglais de Chine alors qu’une révolution a éclatée.  Il sort totalement indemne du crash, de même que les autres passagers ­– son frère, un vandale, un dandy et une jeune femme qui veut mourir. Lire la suite « L’invitation au voyage : Horizon perdu, chemin retrouvé (6/7) »

L’invitation au voyage : Du côté de Belfast (5/7)

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Le 31 Août 1994, l’Armée Républicaine Irlandaise provisoire décide d’un cessez-le-feu durant le conflit Nord-Irlandais « The Troubles » qui dure depuis la fin des années 1960. Quatre jours après, le cinéaste français Henri-François Imbert est en voyage à Belfast pour enquêter sur l’origine d’une pellicule Super 8 laissée inachevée dans une caméra offerte quelques années auparavant. Une enquête qui construit et donne naissance à son film Sur la plage de Belfast. Lire la suite « L’invitation au voyage : Du côté de Belfast (5/7) »

L’invitation au voyage : Un Road Movie à pied (4/7)

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« Notre rêve à tous était d’être yakuza : ils avaient une telle prestance, une telle allure… Ils étaient nos héros, au même titre que les champions de base-ball. Devenu adulte, je pense avoir le devoir de montrer aux jeunes la réalité de ces gens, leur cruauté, leur côté effrayant. Ils sont tellement présents dans la société… À chaque étape de la vie du japonais moyen (école, université, boulot…), ils tirent les ficelles. Eux-mêmes, ou leurs pendants légaux que sont les hommes politiques, traitent la population avec le plus grand mépris.[1] » Lire la suite « L’invitation au voyage : Un Road Movie à pied (4/7) »

L’invitation au voyage : Don Orson Welles, réalisateur du Quichotte (3/7)

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Réalisé par Orson Welles à partir de 1957, monté par Jess Franco en 1992 [1], Don Quichotte fait partie des nombreux films inachevés du réalisateur parvenus en l’état de bribes, sans qu’un guide ne soit disponible pour se retrouver dans cet amas de chutes et d’essais. Welles a travaillé sur ce film avec une énergie intacte au fur et à mesure des années, sans script et en improvisant, pour livrer un film hospitalier, ouvert à l’accident et aux changements. Plus les années s’accumulaient, moins Welles avait le désir de l’achever : en 1975, il projetait d’en faire un essai sur l’Espagne ; en 1981, il déclarait au critique Jonathan Rosembaum que la sortie du film n’était pas encore prévue, mais que le titre était déjà tout trouvé « When Will You Finish Don Quichotte ? [2] » Lire la suite « L’invitation au voyage : Don Orson Welles, réalisateur du Quichotte (3/7) »

L’invitation au voyage : Le journal intime de Nanni Moretti, voyages en terres cinéphiles (2/7)

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Le cinéma occupe une place particulière, parfois centrale, dans les films de Nanni Moretti. Depuis la salle de cinéma jusqu’au tournage d’un film dans le film, les occurrences sont nombreuses au fil de son œuvre. Dans Journal Intime (1994) le cinéma apparaît en filigrane au cours de ses déplacements, de ses voyages. Il semble de fait souvent convoqué dans une forme d’interrogation politique. En premier temps le souvenir cinéphile et cette réflexion s’inscrivent au bout d’une opposition entre deux cinémas. Celui, contemporain, de James McNaughton, réalisateur d’Henry, portrait d’un serial killer (1990), et celui de Pier Paolo Pasolini, un cinéma regretté. Lire la suite « L’invitation au voyage : Le journal intime de Nanni Moretti, voyages en terres cinéphiles (2/7) »

L’invitation au voyage : À l’aube du deuil (1/7)

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La rédaction d’Amorces s’engage chaque année à livrer une anthologie de textes en partenariat avec le cinéma L’Ecran à Saint-Denis et Les Journées Cinématographiques Dionysiennes. Cette année la thématique était « L’invitation au voyage ».
Certains cinéastes ont une pratique nomade du cinéma, parfois par choix, parfois par un concours de circonstance. C’est comme si les films naissaient de rencontres fortuites, d’accidents. Et dans leurs récits, cette question de l’accident est toujours centrale et sans cesse reposée, rejouée, comme si le monde en dépendait.
Plusieurs questions autour du voyage seront abordées au cours de cette anthologie mais tous sont animés par une même question, peut-être la plus difficile et la plus évidente, où se mêle l’espace et le temps : où suis-je ?

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