Accéder au contenu principal

Et si on arrêtait de fantasmer ? Les Éternels de Jia Zhang-Ke

Les filles et fils du Jianghu est le titre original du film de Jia Zhang-Ke. Le Jianghu – littéralement « des rivières et des lacs » – représente des individus vivant en marge d’une société dans laquelle ils ne veulent pas s’intégrer. Bin et Qiao font partis de ces marginaux. Bin, chef de la pègre local à Datong dans la province du Shanxi, Qiao provenant d’une petite ville minière également dans la province du Shanxi. Poursuivre la lecture « Et si on arrêtait de fantasmer ? Les Éternels de Jia Zhang-Ke »

Entretien avec Julien Maury et Alexandre Bustillo

Julien Maury & Alexandre Bustillo, sont deux réalisateurs de films d’horreur qui ont lancé leur carrière dans les années 2000 grâce à French Frayeur de Canal +, avec A l’intérieur (2007) film qui a raisonné dans le monde comme étant l’un des films emblématiques de la New French Extremety – un mouvement qui rassemble des films comme Martyrs de Pascal Laugier (2008), Frontière(s) de Xavier Gens (2007) ou encore Haute Tension d’Alexandre Aja (2003). Poursuivre la lecture « Entretien avec Julien Maury et Alexandre Bustillo »

Don Orson Welles, réalisateur du Quichotte

Réalisé par Orson Welles à partir de 1957, monté par Jess Franco en 1992 [1], Don Quichotte fait partie des nombreux films inachevés du réalisateur parvenus en l’état de bribes, sans qu’un guide ne soit disponible pour se retrouver dans cet amas de chutes et d’essais. Welles a travaillé sur ce film avec une énergie intacte au fur et à mesure des années, sans script et en improvisant, pour livrer un film hospitalier, ouvert à l’accident et aux changements. Plus les années s’accumulaient, moins Welles avait le désir de l’achever : en 1975, il projetait d’en faire un essai sur l’Espagne ; en 1981, il déclarait au critique Jonathan Rosembaum que la sortie du film n’était pas encore prévue, mais que le titre était déjà tout trouvé « When Will You Finish Don Quichotte ? [2] » Poursuivre la lecture « Don Orson Welles, réalisateur du Quichotte »

Le journal intime de Nanni Moretti, voyages en terres cinéphiles

Le cinéma occupe une place particulière, parfois centrale, dans les films de Nanni Moretti. Depuis la salle de cinéma jusqu’au tournage d’un film dans le film, les occurrences sont nombreuses au fil de son œuvre. Dans Journal Intime (1994) le cinéma apparaît en filigrane au cours de ses déplacements, de ses voyages. Il semble de fait souvent convoqué dans une forme d’interrogation politique. En premier temps le souvenir cinéphile et cette réflexion s’inscrivent au bout d’une opposition entre deux cinémas. Celui, contemporain, de James McNaughton, réalisateur d’Henry, portrait d’un serial killer (1990), et celui de Pier Paolo Pasolini, un cinéma regretté. Poursuivre la lecture « Le journal intime de Nanni Moretti, voyages en terres cinéphiles »

À l’aube du deuil, sur Train de Nuit de Jerzy Kawalerowicz

La rédaction d’Amorces s’engage chaque année à livrer une anthologie de textes en partenariat avec le cinéma L’Ecran à Saint-Denis et Les Journées Cinématographiques Dionysiennes. Cette année la thématique était « L’invitation au voyage ».
Certains cinéastes ont une pratique nomade du cinéma, parfois par choix, parfois par un concours de circonstance. C’est comme si les films naissaient de rencontres fortuites, d’accidents. Et dans leurs récits, cette question de l’accident est toujours centrale et sans cesse reposée, rejouée, comme si le monde en dépendait.
Plusieurs questions autour du voyage seront abordées au cours de cette anthologie mais tous sont animés par une même question, peut-être la plus difficile et la plus évidente, où se mêle l’espace et le temps : où suis-je ?

Poursuivre la lecture « À l’aube du deuil, sur Train de Nuit de Jerzy Kawalerowicz »

Ayka, le rouge et le blanc

Œuvre poisseuse, amère, sirupeuse, Ayka dresse l’état d’un personnage en fuite, dans la ville de Moscou emportée sous la neige. Par l’instauration d’une caméra naviguant au sein de la blancheur de l’espace, suivant de près Ayka, jeune femme errante échappée d’une maternité, l’œuvre est toute entière imprégnée par la sécrétion : celle du sang, d’abord, qui irrigue la chair des plans jusque dans leur surface. Poursuivre la lecture « Ayka, le rouge et le blanc »

Entretien avec Tinam Bordage

Créateur du site et du festival Sadique-Master, Tinam Bordage est spécialiste de la culture underground. Développant sa pensée autour du sujet, il a également écrit un essai sur la thématique de l’extrême qui aborde la question cinématographique à travers le prisme de la violence. Il nous paraissait donc évident de nous entretenir avec lui sur la place qu’il prend dans le milieu du cinéma horrifique, et de son avis sur les problématiques liées au genre.

Poursuivre la lecture « Entretien avec Tinam Bordage »

Entretien avec Yann Gonzalez

Yann Gonzalez est un cinéaste français, réalisateur d’un premier long-métrage en 2013 avec Les Rencontres d’après minuit. Son dernier long-métrage Un Couteau dans le Coeur est sorti durant cet été 2018, et s’inspire des giàlli des années 1960-1970 de Mario Bava ou Dario Argento. Le même été sort Ultra Rêve, où son court-métrage Les Îles est programmé en compagnie de After School Knife Fight de Caroline Poggi et Jonathan Vinel, ainsi que Ultra Pulpe de Bertrand Mandico ; trois cinéastes avec lesquels il entretient de profonds rapports amicaux et artistiques. Pour Amorces, Yann Gonzalez nous fait part de ses réflexions et revient sur son esthétique et ses différents motifs qui traversent ses œuvres.

Poursuivre la lecture « Entretien avec Yann Gonzalez »

Behind the Corn-Flakes, sur Under the Silver Lake de David Robert Mitchell

Los Angeles, tapis de signes disséminés à travers les panneaux publicitaires et les objets de culture pop : fanzines, comics, jeux vidéos, films. David Robert Mitchell opère avec son film un curieux projet plastique où la trajectoire se situe à deux niveaux : lisibilité de cartes aux tracés rectilignes et simplifiés, entre une carte d’un Zelda trouvée dans un magazine et la réduction enfantine de la ville sur le derrière d’une boite de céréales ; perdition dans Los Angeles où l’usage de fondus enchainés brouillent la vision et les repères spatio-temporels, conduisant à une forte impression de sur-place.

Poursuivre la lecture « Behind the Corn-Flakes, sur Under the Silver Lake de David Robert Mitchell »

Les écrans dans les jeux vidéos – Une ouverture sur le monde (virtuel).

Le rapport du joueur, par rapport à l’image de jeu et l’objet-jeu en soi, diffère du rapport entre le spectateur et le film ou toute œuvre picturale. Devant un film, un tableau ou une photographie, le spectateur regarde l’image, puis vient l’affect et ensuite éventuellement son « interaction » ou l’analyse. Poursuivre la lecture « Les écrans dans les jeux vidéos – Une ouverture sur le monde (virtuel). »

Klimt en surface

Jusqu’au 11 novembre 2018, l’Atelier des Lumières à Paris met à l’honneur Gustav Klimt (1862-1918) et ceux qui ont trouvé en lui l’inspiration, Friedensreich Hundertwasser (1928-2000) et Egon Schiele (1890-1918). Prenant place au cœur d’une ancienne fonderie, ce n’est plus le métal en fusion rougeoyant qui illumine les murs mais dorénavant l’or de Klimt et les couleurs d’Hundertwasser. Dans ce grand hall réaménagé prend place ce qui se nomme une exposition immersive. À travers un dispositif permis par 120 projecteurs, les 3 300 m² du hall sont recouverts de peintures mises en mouvement, invitant selon la volonté de ses réalisateurs, à une promenade à l’intérieur des tableaux.

Poursuivre la lecture « Klimt en surface »

Plongée dans les univers hallucinés de Keerych Luminokaya — Luminokaya et Meshuggah

Un être humanoïde dans un état de stase, depuis des siècles sans doute. Si longtemps endormi que des plantes ont commencé à pousser non pas à l’extérieur, mais bien depuis l’intérieur même de son corps. Celles-ci recouvrent ainsi l’être en stase, elles l’enveloppent même. Les images des moines bouddhistes s’immolant par le feu, semblant échapper à toute douleur lors de la mise à mort volontaire, nous sont tragiquement familières. Filmées à plusieurs reprises, les images qui en résultent ont même fait office de pochette du célèbre album éponyme de Rage Against The Machine (1992). Poursuivre la lecture « Plongée dans les univers hallucinés de Keerych Luminokaya — Luminokaya et Meshuggah »