Et si on arrêtait de fantasmer ?

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Les filles et fils du Jianghu est le titre original du film de Jia Zhang-Ke. Le Jianghu – littéralement « des rivières et des lacs » – représente des individus vivant en marge d’une société dans laquelle ils ne veulent pas s’intégrer. Bin et Qiao font partis de ces marginaux. Bin, chef de la pègre local à Datong dans la province du Shanxi, Qiao provenant d’une petite ville minière également dans la province du Shanxi. Elle fait ainsi un voyage récurent entre les bras de Bin et ceux de son père luttant, épuisé, contre une société de plus en plus capitaliste. Le film est une succession de voyages, commençant par celui d’un groupe d’ouvriers, accompagné d’une petite fille – possiblement la figure enfantine de Qiao – , précédant ainsi tous les voyages que fait Qiao entre 2001 et 2018.

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Entretien avec Julien Maury et Alexandre Bustillo

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Julien Maury & Alexandre Bustillo, sont deux réalisateurs de films d’horreur qui ont lancé leur carrière dans les années 2000 grâce à French Frayeur de Canal +, avec A l’intérieur (2007) film qui a raisonné dans le monde comme étant l’un des films emblématiques de la New French Extremety – un mouvement qui rassemble des films comme Martyrs de Pascal Laugier (2008), Frontière(s) de Xavier Gens (2007) ou encore Haute Tension d’Alexandre Aja (2003). Livrés à eux même après ce succès, ils tentent tant bien que mal de poursuivre leur carrière dans le cinéma de genre avec Livide (2011) puis Aux yeux des vivants (2014), deux films qui parviendront à voir le jour malgré la quantité de projets qu’ils ont proposé aux producteurs durant cette période. Devant cette difficulté qui est de réaliser des films d’horreur en France, le duo va accepter de tourner Leatherface (2017), énième volet de la licence Massacre à la tronçonneuse. Expérience dont ils ne reviennent que plus déterminés à poursuivre leur carrière en France avec deux nouveaux projets en cours de productions.

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L’invitation au voyage : Don Orson Welles, réalisateur du Quichotte (3/7)

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Réalisé par Orson Welles à partir de 1957, monté par Jess Franco en 1992 [1], Don Quichotte fait partie des nombreux films inachevés du réalisateur parvenus en l’état de bribes, sans qu’un guide ne soit disponible pour se retrouver dans cet amas de chutes et d’essais. Welles a travaillé sur ce film avec une énergie intacte au fur et à mesure des années, sans script et en improvisant, pour livrer un film hospitalier, ouvert à l’accident et aux changements. Plus les années s’accumulaient, moins Welles avait le désir de l’achever : en 1975, il projetait d’en faire un essai sur l’Espagne ; en 1981, il déclarait au critique Jonathan Rosembaum que la sortie du film n’était pas encore prévue, mais que le titre était déjà tout trouvé « When Will You Finish Don Quichotte ? [2] » Lire la suite « L’invitation au voyage : Don Orson Welles, réalisateur du Quichotte (3/7) »

L’invitation au voyage : Le journal intime de Nanni Moretti, voyages en terres cinéphiles (2/7)

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Le cinéma occupe une place particulière, parfois centrale, dans les films de Nanni Moretti. Depuis la salle de cinéma jusqu’au tournage d’un film dans le film, les occurrences sont nombreuses au fil de son œuvre. Dans Journal Intime (1994) le cinéma apparaît en filigrane au cours de ses déplacements, de ses voyages. Il semble de fait souvent convoqué dans une forme d’interrogation politique. En premier temps le souvenir cinéphile et cette réflexion s’inscrivent au bout d’une opposition entre deux cinémas. Celui, contemporain, de James McNaughton, réalisateur d’Henry, portrait d’un serial killer (1990), et celui de Pier Paolo Pasolini, un cinéma regretté. Lire la suite « L’invitation au voyage : Le journal intime de Nanni Moretti, voyages en terres cinéphiles (2/7) »

L’invitation au voyage : À l’aube du deuil (1/7)

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La rédaction d’Amorces s’engage chaque année à livrer une anthologie de textes en partenariat avec le cinéma L’Ecran à Saint-Denis et Les Journées Cinématographiques Dionysiennes. Cette année la thématique était « L’invitation au voyage ».
Certains cinéastes ont une pratique nomade du cinéma, parfois par choix, parfois par un concours de circonstance. C’est comme si les films naissaient de rencontres fortuites, d’accidents. Et dans leurs récits, cette question de l’accident est toujours centrale et sans cesse reposée, rejouée, comme si le monde en dépendait.
Plusieurs questions autour du voyage seront abordées au cours de cette anthologie mais tous sont animés par une même question, peut-être la plus difficile et la plus évidente, où se mêle l’espace et le temps : où suis-je ?

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Ayka, le rouge et le blanc

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Œuvre poisseuse, amère, sirupeuse, Ayka dresse l’état d’un personnage en fuite, dans la ville de Moscou emportée sous la neige. Par l’instauration d’une caméra naviguant au sein de la blancheur de l’espace, suivant de près Ayka, jeune femme errante échappée d’une maternité, l’œuvre est toute entière imprégnée par la sécrétion : celle du sang, d’abord, qui irrigue la chair des plans jusque dans leur surface. Lire la suite « Ayka, le rouge et le blanc »

Entretien avec Tinam Bordage : « Je ressens la transgression comme un sentiment de liberté »

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Créateur du site et du festival Sadique-Master, Tinam Bordage est spécialiste de la culture underground. Développant sa pensée autour du sujet, il a également écrit un essai sur la thématique de l’extrême qui aborde la question cinématographique à travers le prisme de la violence. Il nous paraissait donc évident de nous entretenir avec lui sur la place qu’il prend dans le milieu du cinéma horrifique, et de son avis sur les problématiques liées au genre.

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