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Catégorie : Cinéma

Sorties, ressorties, festivals, etc. Tous nos articles sur le cinéma.

Pas de perspective sans point de fuite

À propos des Misérables de Ladj Ly et Bacurau de J.Dornelle & K.M Filho, lauréats ex-æquo du Prix du jury (Cannes 2019), par le prisme du festival de la Rochelle.

Le festival de La Rochelle (juin) 2019, c’était une diagonale impromptue traversant le XXe siècle, un tracé géographique passant par Victor Sjöström (la Suède puis les États-Unis, au temps du Muet), Arthur Penn (Hollywood, de l’âge d’or au renouvellement des ‘70s) et Elia Suleiman (filmant le Jérusalem intermédiaire, chez les Palestiniens d’Israël ; et passant récemment par Paris et New-York). Un mélange bien hétérogène à l’évidence. Pourtant, à mesure, les films s’étaient mis à communiquer, des choses vues dans l’un trouvaient écho dans l’autre.

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Thanos et la question de la crise écologique

Plus nous avançons dans le temps, plus notre conception de la représentation de la catastrophe écologique évolue. Dans Snowpiercer (2013), l’accent est clairement mis sur une apocalypse glaciaire — qui au contraire du Jour d’après de Roland Emmerich est provoquée directement par les hommes de pouvoir, qui ont décidé de lutter contre le réchauffement climatique en refroidissant la planète. Poursuivre la lecture « Thanos et la question de la crise écologique »

Orwell sur le rivage, sur Entre deux rives de Kim Ki-Duk

Le filet d’un modeste pêcheur nord-coréen se prend dans le moteur de son canot. Il se retrouve alors de l’autre côté du rivage, en Corée du sud, devenant ainsi captif d’un destin, forcé à prendre une voie sans échappatoire.

Très vite, Nam Chul-woo (Ryoo Seung-bum) se voit pris entre deux forces ennemies, la Corée du Nord et du Sud. Les huit premières minutes d’Entre Deux Rives sont un enchaînement d’actions : le film s’ouvre sur la famille de Nam Chul-woo au matin, le départ solitaire vers le lac, le contrôle de routine auprès des autorités puis brusquement l’incident du filet pris dans les hélices. Poursuivre la lecture « Orwell sur le rivage, sur Entre deux rives de Kim Ki-Duk »

A demain, sur Mia Madre, Nanni Moretti

Si Journal Intime (1993) peut être considéré comme l’œuvre pivot de Nanni Moretti, faisant aisément la synthèse des films passés tout en amorçant la composante des suivants, Mia Madre marque certainement un nouveau palier dans la filmographie et un aboutissement sur la question du deuil, récurrente au fil de l’œuvre. Depuis Le Caïman (2006), Moretti acteur s’efface plus progressivement et prête sa personne à travers des personnages alter-egos tandis qu’il préfère y incarner les seconds rôles qui permettent le plus souvent de soutenir l’attitude et la psychologie du protagoniste. Poursuivre la lecture « A demain, sur Mia Madre, Nanni Moretti »

L’Idiot, sur Les Mille et une Nuits, Miguel Gomes

« Je suis bête et l’abstraction me donne le vertige. »
L’alter-ego cinéaste de Miguel Gomes dans Les Mille et une nuit, volume 1 : L’inquiet.

Miguel Gomes, alors réalisateur de deux longs et d’une poignée de courts-métrages, inaugurait la décennie avec Tabou ( Tabu, 2012), film centré autour de l’imaginaire portugais de la colonisation. D’abord situé dans le Portugal contemporain, le film racontait la curiosité grandissante d’une cinquantenaire nommée Pilar pour sa voisine de palier, Aurora, qui vit avec sa gouvernante Santa. Aurora, frappée de sénilité, commençait à délirer sur sa vie passée en Afrique, tirant alors le quotidien morne de cette banlieue de Lisbonne vers la mélancolie d’une vie exotique passée. Poursuivre la lecture « L’Idiot, sur Les Mille et une Nuits, Miguel Gomes »

The Truth has no temperature, sur Cartel, Ridley Scott

Une moto verte traverse à toute allure l’immensité du désert, au loin dans une chambre à coucher un couple se réveille sous des draps blancs. Ils procèdent ensuite à du « sex-talk » et font l’amour, en prenant autant de plaisir par le verbe que par le contact physique, le langage cru employé ayant un effet libérateur sur le personnage prude joué par Penelope Cruz. Poursuivre la lecture « The Truth has no temperature, sur Cartel, Ridley Scott »

Allées et venus d’une histoire, sur Les Films Rêvés d’Eric Pauwels

« Voilà, ce serait là, doux comme un rêve. C’est un objet lancé vers l’inconnu. Cela pourrait s’appeler, cela s’appellerait : les films rêvés.»

Ce serait. Eric Pauwels est l’un des rares cinéastes à avoir su réaliser un film au conditionnel, un film capable de raconter des histoires qui n’existent pas et qui pourtant sont bien présentes, quelque part entre les plans. Dans Les films rêvés, ce même cinéaste rêve d’une œuvre qui contiendrait toutes ses histoires jamais réalisées, vaste fresque où se mêleraient restes de projets, archives familiales et vidéos glanées au fond d’un jardin. C’était il y exactement dix ans : Pauwels s’apprêtait à offrir ses images à une nouvelle décennie, comme nous nous y préparons actuellement. Poursuivre la lecture « Allées et venus d’une histoire, sur Les Films Rêvés d’Eric Pauwels »

Entretien avec Jordan Mintzer

Jordan Mintzer, critique, auteur de deux livres d’entretien (James Gray et Darius Khondji aux éditions Synecdoche) et producteur américain, a accepté de nous rencontrer afin de parler de l’œuvre de James Gray, à l’occasion de la sortie d’Ad Astra, son dernier film. En outre, il nous parle aussi de cinéma européen, américain ainsi que du système de production et de consommation des films en Amérique.  On le remercie pour sa générosité et le temps qu’il nous a accordé.

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Quelques éclairs, beaucoup de bruit, sur Détective Pikachu de Rob Letterman

De quoi Pokemon : Détective Pikachu fait-il le portrait ? Cette nouvelle adaptation délaisse l’animation au profit de Pokémon Go : un nouveau pas est franchi pour la déclinaison de la franchise nippone qui a toujours joué sur un effet de porosité entre le virtuel et le réel [1] mais celui-ci bute contre une certaine conception condescendante du cinéma.

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La foi sous les décombres, sur Tenzo de Katsuya Tomita.

De jeunes garçons sont au seuil d’un temple de la branche zen Sôtô. Au terme de leur apprentissage au cours duquel ils suivront les préceptes de Bouddha, ils deviendront tous moines. Katsuya Tomita introduit son film dans un montage effréné, dévoilant au rythme des tambours divers plans montrant l’éducation et la vie à l’intérieur du temple. Poursuivre la lecture « La foi sous les décombres, sur Tenzo de Katsuya Tomita. »

Mille désirs de cinéma, sur Douleur et Gloire de Pedro Almodóvar

Difficile exercice que d’arriver après la bataille et finalement se décider à écrire (ou essayer d’écrire) sur un film qui aura déjà autant marqué. Ce n’est une surprise pour personne, la presse française s’est accordée pour dire que Douleur et gloire, le dernier film de Pedro Almodóvar est un chef d’œuvre, et a commencé à rêver de la palme tant convoitée. Poursuivre la lecture « Mille désirs de cinéma, sur Douleur et Gloire de Pedro Almodóvar »

L’envol des lucioles, sur Los Silencios de Béatriz Seigner

Los Silencios est née d’une confidence, révélée par une amie d’enfance de Béatriz Seigner. La cinéaste brésilienne s’inspire de cette histoire pour écrire celle d’une famille colombienne qui se réfugie de la guérilla sur l’Ile Fantastique, la Isla de la Fantasia, une zone neutre située en région amazonienne. Ce conflit s’étend depuis les années 1960, opposant les révolutionnaires (FARC), l’Armée de libération nationale (ELN) et le gouvernement (paramilitaire). En 2018, d’après une étude du Centre National de la Mémoire Historique (CNMH), 215 000 civils et 46 813 combattants ont été tués. Poursuivre la lecture « L’envol des lucioles, sur Los Silencios de Béatriz Seigner »