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Catégorie : Chroniques

¡Viva el capitalismo!, sur Les Oiseaux de Passage de Ciro Guerra & Cristina Gallego

Le réalisateur de L’Etreinte du Serpent (2015), Ciro Guerra et la coréalisatrice Cristina Gallego filment les terres de la Guajira, province colombienne sur la pointe nord du pays qui englobe la frontière vénézuélienne et les Wayuu, peuple amérindien, qui y habitent. La partie de la région mise en lumière par le film est complétement désertique et les Wayuu vivent en clans loin des étrangers. Poursuivre la lecture « ¡Viva el capitalismo!, sur Les Oiseaux de Passage de Ciro Guerra & Cristina Gallego »

Voyage au bout de l’enfer redneck, sur Massacre à la tronçonneuse de Tobe Hooper

En 1974, Tobe Hooper réalise son deuxième et plus célèbre long-métrage qui est The Texas Chainsaw Massacre. Ce film conte la virée d’un groupe de jeunes dans le Texas. Celle-ci tourne très rapidement au cauchemar lorsqu’ils croisent la famille Sawyer, qui s’avère être une bande de fous psychopathes, anciens bouchers qui travaillaient en abattoir jusqu’à ce que celui-ci ferme. Depuis, la famille se déchaîne sur les passants un peu trop imprudents, tout en pratiquant la profanation de sépultures, pour essentiellement brûler un trop-plein d’énergie qui ne cesse de s’accumuler depuis que l’abattoir a fermé. Poursuivre la lecture « Voyage au bout de l’enfer redneck, sur Massacre à la tronçonneuse de Tobe Hooper »

James Gray, partir et être ici

D’un départ, d’une arrivée. Qu’avons-nous face à nous ? La douceur du plan d’introduction de The Immigrant (2013) nous immisce dans ce qui semble être le début d’un rêve. Sous la brume vaporeuse d’un avenir aux contours indécis, la mythique Statue de la Liberté fait son apparition, où l’illusion s’entremêle au réel – si toutefois le réel existe. America, America [1], nous voilà, l’Anatolie ne restera qu’un vague souvenir. L’éruption d’une silhouette nous encourage à s’avancer, résistance au mouvement inverse d’une caméra qui s’éloigne étrangement. Retour brutal à la réalité d’un songe à peine commencé, où l’avidité de nos pas met fin à l’aveuglement : la figure émancipatrice nous tourne le dos. Poursuivre la lecture « James Gray, partir et être ici »

Horizon perdu, chemin retrouvé

Dans Lost Horizon (Frank Capra, 1937), adaptation du livre éponyme de James Hilton paru en 1933, l’avion de Robert Conway ­– ­­ un diplomate, écrivain, ancien soldat et héros national anglais – s’écrase dans les montagnes tibétaines. Conway vient d’extrader des dizaines d’anglais de Chine alors qu’une révolution a éclatée.  Il sort totalement indemne du crash, de même que les autres passagers ­– son frère, un vandale, un dandy et une jeune femme qui veut mourir. Poursuivre la lecture « Horizon perdu, chemin retrouvé »

Mon jeu et ma droite

(À propos de : À la droite du jeu, je vous salue manette. Sur Youtube, par Pier -re. Mars 2019)

Pier –re est un vidéaste singulier qui officie depuis quelques temps sur Youtube. Dans ses vidéos, il s’interroge sur plusieurs plans de recherche au sujet du jeu vidéo. Plans idéologiques, poétiques et philosophiques. Ses courts films prennent souvent la forme d’essai, il les définit par le terme très juste d’« expression libre ». Sa nouvelle expression libre, teasée quelques jours avant sur les réseaux sociaux est cette fois plus longue et plus ambitieuse. Poursuivre la lecture « Mon jeu et ma droite »

Conserver la mémoire et pratiquer les rituels de la vie dans Birth of a Nation

Birth of a Nation est le film que réalise Nate Parker en 2016. Le film se présente comme le biopic de Nat Turner, esclave noir qui mena une révolte dans le comté de Southampton en Virginie, en 1831, contre les colons blancs. Étant donné le contexte historique et socio-politique présent, la question de la mémoire est prépondérante. Effectivement, cette mémoire se construit à travers l’enfer que fut l’esclavage au XIXe siècle dans le sud des Etats-Unis. Poursuivre la lecture « Conserver la mémoire et pratiquer les rituels de la vie dans Birth of a Nation »

Du côté de Belfast, Sur la plages de Belfast d’Henri-François Imbert

Le 31 Août 1994, l’Armée Républicaine Irlandaise provisoire décide d’un cessez-le-feu durant le conflit Nord-Irlandais « The Troubles » qui dure depuis la fin des années 1960. Quatre jours après, le cinéaste français Henri-François Imbert est en voyage à Belfast pour enquêter sur l’origine d’une pellicule Super 8 laissée inachevée dans une caméra offerte quelques années auparavant. Une enquête qui construit et donne naissance à son film Sur la plage de Belfast. Poursuivre la lecture « Du côté de Belfast, Sur la plages de Belfast d’Henri-François Imbert »

Les pulsions dans le musée de Brian de Palma

La chasse est ouverte

En premier lieu, ce qui interpelle dans cette séquence de Pulsions est la faculté qu’ont le cinéma et l’accrochage muséographique – semblable à un montage – à ne faire plus qu’un pour former une histoire de séduction dans laquelle un homme et une femme se pourchassent animés par un désir, un fantasme, sexuel incontrôlé. Le spectateur est d’ailleurs d’emblée prévenu par le cinéaste. En effet, dans le premier plan du musée figure une sculpture de Augustus Saint-Gaudens intitulée Diana, représentation de la déesse de la chasse. Poursuivre la lecture « Les pulsions dans le musée de Brian de Palma »

Un Road Movie à pied, sur L’été de Kikujiro de Takeshi Kitano

« Notre rêve à tous était d’être yakuza : ils avaient une telle prestance, une telle allure… Ils étaient nos héros, au même titre que les champions de base-ball. Devenu adulte, je pense avoir le devoir de montrer aux jeunes la réalité de ces gens, leur cruauté, leur côté effrayant. Ils sont tellement présents dans la société… À chaque étape de la vie du japonais moyen (école, université, boulot…), ils tirent les ficelles. Eux-mêmes, ou leurs pendants légaux que sont les hommes politiques, traitent la population avec le plus grand mépris.[1] » Poursuivre la lecture « Un Road Movie à pied, sur L’été de Kikujiro de Takeshi Kitano »

« BGE* », so far… Autour de la communication de Death Stranding.

S’il y a bien un jeu vidéo qui cristallise toutes les attentes et les théories depuis son annonce, c’est lui, Death Stranding, la dernière création du très respecté papa de la série Metal Gear, Hideo Kojima. Et s’il s’agira de parler d’un jeu vidéo qui n’est pas encore sorti et n’a à l’heure actuelle aucune date concrète, c’est parce qu’il est intéressant d’observer et analyser sa communication déjà singulière. Elle semble dépasser les limites habituelles du média. Poursuivre la lecture « « BGE* », so far… Autour de la communication de Death Stranding. »

Et si on arrêtait de fantasmer ? Les Éternels de Jia Zhang-Ke

Les filles et fils du Jianghu est le titre original du film de Jia Zhang-Ke. Le Jianghu – littéralement « des rivières et des lacs » – représente des individus vivant en marge d’une société dans laquelle ils ne veulent pas s’intégrer. Bin et Qiao font partis de ces marginaux. Bin, chef de la pègre local à Datong dans la province du Shanxi, Qiao provenant d’une petite ville minière également dans la province du Shanxi. Poursuivre la lecture « Et si on arrêtait de fantasmer ? Les Éternels de Jia Zhang-Ke »

Don Orson Welles, réalisateur du Quichotte

Réalisé par Orson Welles à partir de 1957, monté par Jess Franco en 1992 [1], Don Quichotte fait partie des nombreux films inachevés du réalisateur parvenus en l’état de bribes, sans qu’un guide ne soit disponible pour se retrouver dans cet amas de chutes et d’essais. Welles a travaillé sur ce film avec une énergie intacte au fur et à mesure des années, sans script et en improvisant, pour livrer un film hospitalier, ouvert à l’accident et aux changements. Plus les années s’accumulaient, moins Welles avait le désir de l’achever : en 1975, il projetait d’en faire un essai sur l’Espagne ; en 1981, il déclarait au critique Jonathan Rosembaum que la sortie du film n’était pas encore prévue, mais que le titre était déjà tout trouvé « When Will You Finish Don Quichotte ? [2] » Poursuivre la lecture « Don Orson Welles, réalisateur du Quichotte »

Le journal intime de Nanni Moretti, voyages en terres cinéphiles

Le cinéma occupe une place particulière, parfois centrale, dans les films de Nanni Moretti. Depuis la salle de cinéma jusqu’au tournage d’un film dans le film, les occurrences sont nombreuses au fil de son œuvre. Dans Journal Intime (1994) le cinéma apparaît en filigrane au cours de ses déplacements, de ses voyages. Il semble de fait souvent convoqué dans une forme d’interrogation politique. En premier temps le souvenir cinéphile et cette réflexion s’inscrivent au bout d’une opposition entre deux cinémas. Celui, contemporain, de James McNaughton, réalisateur d’Henry, portrait d’un serial killer (1990), et celui de Pier Paolo Pasolini, un cinéma regretté. Poursuivre la lecture « Le journal intime de Nanni Moretti, voyages en terres cinéphiles »

À l’aube du deuil, sur Train de Nuit de Jerzy Kawalerowicz

La rédaction d’Amorces s’engage chaque année à livrer une anthologie de textes en partenariat avec le cinéma L’Ecran à Saint-Denis et Les Journées Cinématographiques Dionysiennes. Cette année la thématique était « L’invitation au voyage ».
Certains cinéastes ont une pratique nomade du cinéma, parfois par choix, parfois par un concours de circonstance. C’est comme si les films naissaient de rencontres fortuites, d’accidents. Et dans leurs récits, cette question de l’accident est toujours centrale et sans cesse reposée, rejouée, comme si le monde en dépendait.
Plusieurs questions autour du voyage seront abordées au cours de cette anthologie mais tous sont animés par une même question, peut-être la plus difficile et la plus évidente, où se mêle l’espace et le temps : où suis-je ?

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Ayka, le rouge et le blanc

Œuvre poisseuse, amère, sirupeuse, Ayka dresse l’état d’un personnage en fuite, dans la ville de Moscou emportée sous la neige. Par l’instauration d’une caméra naviguant au sein de la blancheur de l’espace, suivant de près Ayka, jeune femme errante échappée d’une maternité, l’œuvre est toute entière imprégnée par la sécrétion : celle du sang, d’abord, qui irrigue la chair des plans jusque dans leur surface. Poursuivre la lecture « Ayka, le rouge et le blanc »