Chroniques, Cinéma

Ayka, le rouge et le blanc

Œuvre poisseuse, amère, sirupeuse, Ayka dresse l’état d’un personnage en fuite, dans la ville de Moscou emportée sous la neige. Par l’instauration d’une caméra naviguant au sein de la blancheur de l’espace, suivant de près Ayka, jeune femme errante échappée d’une maternité, l’œuvre est toute entière imprégnée par la sécrétion : celle du sang, d’abord, qui irrigue la chair des plans jusque dans leur surface.

Chroniques, Cinéma

Objet du désir, sur Call me by your name de Luca Guadagnino

Call me by your name dresse la lente élaboration d’une montée du désir : le parcours d’un amour entre deux hommes rassemblés par la différence de leur âge. Par l’établissement de corps peu vêtus, baignés par la lumière prenant source au mitant d’un été intemporel, Call me by your nameest à lui seul un objet submergé par l’implacable trouble du désir. Le film rappelle, par sa légèreté ensoleillée, l’univers d’un cinéma à la Rohmer : mêmes plans lumineux de repas d’été à l’ombre d’un arbre, même particularité des façons de se vêtir propres aux années 1980 – période campée par les deux cinéastes.