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Auteur : Célestin Ghinea

L’Idiot, sur Les Mille et une Nuits, Miguel Gomes

« Je suis bête et l’abstraction me donne le vertige. »
L’alter-ego cinéaste de Miguel Gomes dans Les Mille et une nuit, volume 1 : L’inquiet.

Miguel Gomes, alors réalisateur de deux longs et d’une poignée de courts-métrages, inaugurait la décennie avec Tabou ( Tabu, 2012), film centré autour de l’imaginaire portugais de la colonisation. D’abord situé dans le Portugal contemporain, le film racontait la curiosité grandissante d’une cinquantenaire nommée Pilar pour sa voisine de palier, Aurora, qui vit avec sa gouvernante Santa. Aurora, frappée de sénilité, commençait à délirer sur sa vie passée en Afrique, tirant alors le quotidien morne de cette banlieue de Lisbonne vers la mélancolie d’une vie exotique passée. Poursuivre la lecture « L’Idiot, sur Les Mille et une Nuits, Miguel Gomes »

Quelques éclairs, beaucoup de bruit, sur Détective Pikachu de Rob Letterman

De quoi Pokemon : Détective Pikachu fait-il le portrait ? Cette nouvelle adaptation délaisse l’animation au profit de Pokémon Go : un nouveau pas est franchi pour la déclinaison de la franchise nippone qui a toujours joué sur un effet de porosité entre le virtuel et le réel [1] mais celui-ci bute contre une certaine conception condescendante du cinéma.

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Don Orson Welles, réalisateur du Quichotte

Réalisé par Orson Welles à partir de 1957, monté par Jess Franco en 1992 [1], Don Quichotte fait partie des nombreux films inachevés du réalisateur parvenus en l’état de bribes, sans qu’un guide ne soit disponible pour se retrouver dans cet amas de chutes et d’essais. Welles a travaillé sur ce film avec une énergie intacte au fur et à mesure des années, sans script et en improvisant, pour livrer un film hospitalier, ouvert à l’accident et aux changements. Plus les années s’accumulaient, moins Welles avait le désir de l’achever : en 1975, il projetait d’en faire un essai sur l’Espagne ; en 1981, il déclarait au critique Jonathan Rosembaum que la sortie du film n’était pas encore prévue, mais que le titre était déjà tout trouvé « When Will You Finish Don Quichotte ? [2] » Poursuivre la lecture « Don Orson Welles, réalisateur du Quichotte »

Behind the Corn-Flakes, sur Under the Silver Lake de David Robert Mitchell

Los Angeles, tapis de signes disséminés à travers les panneaux publicitaires et les objets de culture pop : fanzines, comics, jeux vidéos, films. David Robert Mitchell opère avec son film un curieux projet plastique où la trajectoire se situe à deux niveaux : lisibilité de cartes aux tracés rectilignes et simplifiés, entre une carte d’un Zelda trouvée dans un magazine et la réduction enfantine de la ville sur le derrière d’une boite de céréales ; perdition dans Los Angeles où l’usage de fondus enchainés brouillent la vision et les repères spatio-temporels, conduisant à une forte impression de sur-place.

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Klimt en surface

Jusqu’au 11 novembre 2018, l’Atelier des Lumières à Paris met à l’honneur Gustav Klimt (1862-1918) et ceux qui ont trouvé en lui l’inspiration, Friedensreich Hundertwasser (1928-2000) et Egon Schiele (1890-1918). Prenant place au cœur d’une ancienne fonderie, ce n’est plus le métal en fusion rougeoyant qui illumine les murs mais dorénavant l’or de Klimt et les couleurs d’Hundertwasser. Dans ce grand hall réaménagé prend place ce qui se nomme une exposition immersive. À travers un dispositif permis par 120 projecteurs, les 3 300 m² du hall sont recouverts de peintures mises en mouvement, invitant selon la volonté de ses réalisateurs, à une promenade à l’intérieur des tableaux.

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Opéra-Rock : It’s show time ! sur Phantom of the Paradise

En 1967, l’album Sergent Pepper and the Lonely Hearts Club Band des Beatles est une révolution dans les albums rock. La pochette de l’album exhibe un groupe qui revêt l’identité d’un autre, et profitant des ressources des studios d’Abbey Road, compose un album pop complexe qui s’arque autour d’un fil conducteur pour homogénéiser le contenu de l’album. Poursuivre la lecture « Opéra-Rock : It’s show time ! sur Phantom of the Paradise »

Sauver l’être par l’apparence, sur The Neon Demon de Nicolas Winding Refn

The Neon Demon s’ouvre sur un générique aux couleurs vives et où les noms s’impriment par des couleurs qui jurent de leur juxtaposition. Le film de Refn s’organise sous l’angle de la confrontation et affiche la volonté de réunir à l’écran ce qui heurte l’œil et ce qui apparait d’abord comme inconciliable. Poursuivre la lecture « Sauver l’être par l’apparence, sur The Neon Demon de Nicolas Winding Refn »