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Auteur : Léda Villetard

Ayka, le rouge et le blanc

Œuvre poisseuse, amère, sirupeuse, Ayka dresse l’état d’un personnage en fuite, dans la ville de Moscou emportée sous la neige. Par l’instauration d’une caméra naviguant au sein de la blancheur de l’espace, suivant de près Ayka, jeune femme errante échappée d’une maternité, l’œuvre est toute entière imprégnée par la sécrétion : celle du sang, d’abord, qui irrigue la chair des plans jusque dans leur surface. Poursuivre la lecture « Ayka, le rouge et le blanc »

Objet du désir, sur Call me by your name de Luca Guadagnino

Call me by your name dresse la lente élaboration d’une montée du désir : le parcours d’un amour entre deux hommes rassemblés par la différence de leur âge. Par l’établissement de corps peu vêtus, baignés par la lumière prenant source au mitant d’un été intemporel, Call me by your name est à lui seul un objet submergé par l’implacable trouble du désir.

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Courbure du corps, sur Une femme sous influence de John Cassavetes

La rébellion est cette forme de résistance érigée au travers l’établissement du corps de Gena Rowlands, au sein de l’espace du plan : l’actrice est une fissure, dès lors conditionnée à côtoyer un environnement hostile, impropre à des émotions qui s’épanchent. Le personnage rebelle, manifestation d’un écartèlement de la norme, élabore une distinction au milieu d’un monde normé, préfabriqué. Dans Une femme sous influence (1974) de John Cassavetes, l’actrice s’affirme ainsi comme cette engelure contaminant l’ensemble du film. Poursuivre la lecture « Courbure du corps, sur Une femme sous influence de John Cassavetes »