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Un objet peut en cacher un autre, sur Vignettes de Skeleton Business

On lance le jeu, le titre Vignettes apparait. Pas d’interface, ni de menu, avec lesquels interagir, seulement ce mot « Vignettes ». Instinctivement on joue avec la souris ou notre doigt. Et là le titre bouge. On le fait tourner et le titre se transforme en coffre que l’on ouvre. Vignettes, développé par Skeleton Business, studio créé par Armel Gibson et codesigné avec Pol Clarissou, nous invite à explorer des objets 3D en les faisant tourner sur eux même. L’objet se transforme en un autre objet lorsque leur forme est identique, selon un angle de vue bien précis, et parfois selon le sens dans lequel on le fait pivoter. Une télévision peut devenir un cadre photo, ou un bateau en papier une chaussure.

Vous l’aurez compris, Vignettes est un puzzle-game doublé d’une dimension d’exploration. Nous traversons huit mondes thématiques représentés par des tableaux dans lesquels apparaitrons les objets découverts. Conçu comme un jouet à manipuler, le jeu ne présente aucun texte, obligeant le joueur à expérimenter, à comprendre le langage pictural inhérent au jeu. Comme un enfant qui voit dans un simple drap une cape de super héros, nous nous prenons à essayer de deviner à l’avance en quoi peut bien se transformer tel ou tel objet, en créant notre propre casse-tête.

 

 

En plus de ses illusions d’optiques, Vignettes est composé d’énigmes éparpillées dans le jeu. En effet, certains objets sont activables par le biais d’un bouton, certains vont interagir avec d’autres afin de dévoiler des secrets. Ces secrets constituent la partie la plus complexe du jeu, obligeant le joueur à faire des allers-retours entre certains objets. Tel un explorateur nous nous déplaçons entre différents mondes en traçant un itinéraire sur une carte, nous remplissons notre journal avec des selfies, ou telle une sorcière nous concoctons des potions. Ceci afin de récupérer différents succès supplémentaires.

Vignettes est un petit jeu, qui peut se terminer en 20 min comme en 3h, l’imagination des créateurs est débordante d’idées, faisant de Vignettes un jeu rapidement addictif. A un moment donné, il nous est permis de planter une poupée vaudou avec un couteau. On appuie une deuxième fois, une troisième fois, pourquoi pas ; un couteau vient percer l’objet à chaque clic. Au bout d’un moment, nous nous rendons compte que nous sommes, par ce geste violent, tout simplement en train de métamorphoser l’image initiale en une toute autre image : une fleur dont chaque pétale est formé par chacune des lames. Le jeu prend tout son sens dans ce processus de métamorphoses, dans ses contrastes et ses contraires. Ce que nous dit Vignettes, c’est que n’importe quel objet peut devenir jeu, de la même manière que Jacques Henriot l’expliquait dans son livre Sous couleur de jouer : « la seule “chose” qui soit à définir quand on parle de jeu est la forme de pensée, l’attitude mentale, la conscience singulière qui découvre dans ce matériel et cette structure des occasions ou des moyens de jouer ».


 

Vignettes est développé et édité par Skeleton Business, et est disponible sur IOS, Android, Mac et PC.