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Comme chaque année à Halloween, le film d’horreur est au rendez-vous. Et avec cette fête, le retour de Michael Myers, qui une fois de plus, a été ressuscité par Hollywood.

La maison de production Blumhouse propose la suite du premier film Halloween, de John Carpenter, faisant table rase des évènements qui ont eu lieu entre ces deux films, pour donner un nouveau souffle à cette licence épuisée depuis longtemps. Le réalisateur David Gordon Green (Pineapple Express, Joe) parvient à ancrer cette séquelle dans l’actualité, avec deux journalistes qui reviennent 40 ans après, sur le fratricide Myers et la folie meurtrière qui en découle quelques années plus tard. Ils se rendent chez l’unique survivante de cette folie meurtrière, et y découvrent une sexagénaire marquée et isolée par le traumatisme, Laurie Strode, aujourd’hui isolée de sa famille sur qui elle projette dangereusement ce souvenir douloureux. Vivant sa solitude comme une force, elle se tient prête à affronter le retour du meurtrier d’Halloween.
Bien que le film manque cruellement de surprise, la tension n’en est pas moins pesante. Dans le but de les protéger de son némésis, Laurie essaye par tous les moyens de réunir sa fille et sa petite fille, qui n’ont que faire de ses histoires. Tous les éléments sont en place pour que Michael Myers s’adonne à son plaisir favori : le meurtre. Contrairement aux deux adaptations de Rob Zombie dont la caractéristique principale était l’effusion d’hémoglobine, la violence de ce nouveau film n’est pas donnée à voir de manière crue. David Gordon Green aseptise les sévices par des ruptures de ton comique. Le film est ponctué de gags faisant redescendre la pression établie par l’ubiquité de Michael Myers.

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Un véritable soin est porté sur la construction de l’antagoniste, qui se déshumanise progressivement tout au long du film. Introduit comme un homme, il tend à perdre son caractère humain lorsqu’il retrouve son masque pour redevenir la figure du mal qu’il incarnait derrière son masque. Ses apparitions soudaines et sublimées par des effets de mises en scène ne font qu’accroitre son omniprésence. Une maitrise de la scénographie atteinte grâce à la collaboration de John Carpenter dont la présence sur le tournage est évidente à l’écran. Une présence que l’on retrouve également derrière la bande-son, dont le thème principal est devenu indissociable au film.
Un bel hommage avec ce film dont les intentions restent discutables, puisque cette énième confrontation entre Laurie et Michael ne serait qu’un prétexte pour exploiter encore une fois la licence, d’après les dire de Jason Blum «  Et si le film est effectivement super, nous trouverons bien un moyen de faire le prochain. Après tout, chez Blumhouse, nous avons été capables de donner des suites à presque tous nos succès »1.

Marison De


1 ESPOSITO Gilles, Octobre rouge : Dossier Halloween, MadMovies n° 321, Septembre 2018


Réalisation et scénario : David Gordon Green Casting: Jamie Lee Curtis, Judy Greer, Andi Matichak, Will Patton Image : Michael Simmonds Montage : Tim Alverson Musique :  John Carpenter, Cody Carpenter et Daniel Davies Production: Malek Akkad, Jason Blum et Bill Block Distribution : Universal Pictures International France Durée : 109 min Date de sortie : 24 Octobre 2018.


images : Halloween (David Gordon Green, Universal Pictures, 2018)

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