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L’Idiot, sur Les Mille et une Nuits, Miguel Gomes

« Je suis bête et l’abstraction me donne le vertige. »
L’alter-ego cinéaste de Miguel Gomes dans Les Mille et une nuit, volume 1 : L’inquiet.

Miguel Gomes, alors réalisateur de deux longs et d’une poignée de courts-métrages, inaugurait la décennie avec Tabou ( Tabu, 2012), film centré autour de l’imaginaire portugais de la colonisation. D’abord situé dans le Portugal contemporain, le film racontait la curiosité grandissante d’une cinquantenaire nommée Pilar pour sa voisine de palier, Aurora, qui vit avec sa gouvernante Santa. Aurora, frappée de sénilité, commençait à délirer sur sa vie passée en Afrique, tirant alors le quotidien morne de cette banlieue de Lisbonne vers la mélancolie d’une vie exotique passée. Poursuivre la lecture « L’Idiot, sur Les Mille et une Nuits, Miguel Gomes »

The Truth has no temperature, sur Cartel, Ridley Scott

Une moto verte traverse à toute allure l’immensité du désert, au loin dans une chambre à coucher un couple se réveille sous des draps blancs. Ils procèdent ensuite à du « sex-talk » et font l’amour, en prenant autant de plaisir par le verbe que par le contact physique, le langage cru employé ayant un effet libérateur sur le personnage prude joué par Penelope Cruz. Poursuivre la lecture « The Truth has no temperature, sur Cartel, Ridley Scott »

Allées et venus d’une histoire, sur Les Films Rêvés d’Eric Pauwels

« Voilà, ce serait là, doux comme un rêve. C’est un objet lancé vers l’inconnu. Cela pourrait s’appeler, cela s’appellerait : les films rêvés.»

Ce serait. Eric Pauwels est l’un des rares cinéastes à avoir su réaliser un film au conditionnel, un film capable de raconter des histoires qui n’existent pas et qui pourtant sont bien présentes, quelque part entre les plans. Dans Les films rêvés, ce même cinéaste rêve d’une œuvre qui contiendrait toutes ses histoires jamais réalisées, vaste fresque où se mêleraient restes de projets, archives familiales et vidéos glanées au fond d’un jardin. C’était il y exactement dix ans : Pauwels s’apprêtait à offrir ses images à une nouvelle décennie, comme nous nous y préparons actuellement. Poursuivre la lecture « Allées et venus d’une histoire, sur Les Films Rêvés d’Eric Pauwels »

Entretien avec Jordan Mintzer

Jordan Mintzer, critique, auteur de deux livres d’entretien (James Gray et Darius Khondji aux éditions Synecdoche) et producteur américain, a accepté de nous rencontrer afin de parler de l’œuvre de James Gray, à l’occasion de la sortie d’Ad Astra, son dernier film. En outre, il nous parle aussi de cinéma européen, américain ainsi que du système de production et de consommation des films en Amérique.  On le remercie pour sa générosité et le temps qu’il nous a accordé.

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Un pas fragile, Doc Geraud, 2019

Un pas fragile est un jeu très court, une expérience ludique de dix minutes, dans laquelle le développeur « Doc Geraud » et sa petite équipe, nous invitent dans l’univers de Camille, une petite grenouille que les joueur.ses accompagnent tout au long de l’aventure. Un va et vient entre la maison de la rainette et son école de danse jusqu’au grand final : une représentation devant un public. Poursuivre la lecture « Un pas fragile, Doc Geraud, 2019 »

Quelques éclairs, beaucoup de bruit, sur Détective Pikachu de Rob Letterman

De quoi Pokemon : Détective Pikachu fait-il le portrait ? Cette nouvelle adaptation délaisse l’animation au profit de Pokémon Go : un nouveau pas est franchi pour la déclinaison de la franchise nippone qui a toujours joué sur un effet de porosité entre le virtuel et le réel [1] mais celui-ci bute contre une certaine conception condescendante du cinéma.

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Stand by me, sur A Plague Tale : Innocence

Les premières minutes du prologue placent le décor et donnent le ton à un jeu qui sera assurément troublant. Amicia de Rune est la fille d’un seigneur d’Aquitaine. Son petit frère, Hugo a été enfermé depuis la naissance par sa mère qui a consacré sa vie à essayer de comprendre et le guérir d’une mystérieuse maladie, appelée la macula. L’Inquisition, sous les ordres de l’archevêque Vitalis et de son bras droit, le chevalier Nicholas, vient chercher Hugo pour des raisons encore obscures. La détermination de la troupe de Nicholas la conduit à assassiner brutalement la famille et l’intégralité des habitants du domaine des De Rune. Les enfants, devenus orphelins doivent alors prendre la fuite sans se retourner. Dans A Plague Tale : Innocence, nous sommes en 1348, la peste sévit en France.

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La foi sous les décombres, sur Tenzo de Katsuya Tomita.

De jeunes garçons sont au seuil d’un temple de la branche zen Sôtô. Au terme de leur apprentissage au cours duquel ils suivront les préceptes de Bouddha, ils deviendront tous moines. Katsuya Tomita introduit son film dans un montage effréné, dévoilant au rythme des tambours divers plans montrant l’éducation et la vie à l’intérieur du temple. Poursuivre la lecture « La foi sous les décombres, sur Tenzo de Katsuya Tomita. »

Mille désirs de cinéma, sur Douleur et Gloire de Pedro Almodóvar

Difficile exercice que d’arriver après la bataille et finalement se décider à écrire (ou essayer d’écrire) sur un film qui aura déjà autant marqué. Ce n’est une surprise pour personne, la presse française s’est accordée pour dire que Douleur et gloire, le dernier film de Pedro Almodóvar est un chef d’œuvre, et a commencé à rêver de la palme tant convoitée. Poursuivre la lecture « Mille désirs de cinéma, sur Douleur et Gloire de Pedro Almodóvar »

L’envol des lucioles, sur Los Silencios de Béatriz Seigner

Los Silencios est née d’une confidence, révélée par une amie d’enfance de Béatriz Seigner. La cinéaste brésilienne s’inspire de cette histoire pour écrire celle d’une famille colombienne qui se réfugie de la guérilla sur l’Ile Fantastique, la Isla de la Fantasia, une zone neutre située en région amazonienne. Ce conflit s’étend depuis les années 1960, opposant les révolutionnaires (FARC), l’Armée de libération nationale (ELN) et le gouvernement (paramilitaire). En 2018, d’après une étude du Centre National de la Mémoire Historique (CNMH), 215 000 civils et 46 813 combattants ont été tués. Poursuivre la lecture « L’envol des lucioles, sur Los Silencios de Béatriz Seigner »

Un jeu de grands enfants, sur Jessica Forever de Caroline Poggi & Jonathan Vinel

Jessica Forever commence par une tentative de suicide et s’achève par un suicide collectif. Avant Jessica, les « orphelins » erraient seuls, essayaient de survivre, de prévenir une éventuelle exécution par les autorités. Jessica croit en un monde utopique où des jeunes meurtriers auraient le droit de rédemption, le droit d’avoir une famille. Au départ du récit, ces garçons sauvages sont dix : Michael, Lucas, Julien, Raiden, Trésor, Magic, Léopard, Dimitri, Sacha et Maxime. Poursuivre la lecture « Un jeu de grands enfants, sur Jessica Forever de Caroline Poggi & Jonathan Vinel »

¡Viva el capitalismo!, sur Les Oiseaux de Passage de Ciro Guerra & Cristina Gallego

Le réalisateur de L’Etreinte du Serpent (2015), Ciro Guerra et la coréalisatrice Cristina Gallego filment les terres de la Guajira, province colombienne sur la pointe nord du pays qui englobe la frontière vénézuélienne et les Wayuu, peuple amérindien, qui y habitent. La partie de la région mise en lumière par le film est complétement désertique et les Wayuu vivent en clans loin des étrangers. Poursuivre la lecture « ¡Viva el capitalismo!, sur Les Oiseaux de Passage de Ciro Guerra & Cristina Gallego »