Chroniques, Cinéma

Du côté de Belfast, Sur la plages de Belfast d’Henri-François Imbert

Le 31 Août 1994, l’Armée Républicaine Irlandaise provisoire décide d’un cessez-le-feu durant le conflit Nord-Irlandais « The Troubles » qui dure depuis la fin des années 1960. Quatre jours après, le cinéaste français Henri-François Imbert est en voyage à Belfast pour enquêter sur l’origine d’une pellicule Super 8 laissée inachevée dans une caméra offerte quelques années auparavant. Une enquête qui construit et donne naissance à son film Sur la plage de Belfast.

Chroniques, Cinéma

Les pulsions dans le musée de Brian de Palma

En premier lieu, ce qui interpelle dans cette séquence de Pulsions est la faculté qu’ont le cinéma et l’accrochage muséographique – semblable à un montage – à ne faire plus qu’un pour former une histoire de séduction dans laquelle un homme et une femme se pourchassent animés par un désir, un fantasme, sexuel incontrôlé. Le spectateur est d’ailleurs d’emblée prévenu par le cinéaste. En effet, dans le premier plan du musée figure une sculpture de Augustus Saint-Gaudens intitulée Diana, représentation de la déesse de la chasse.

Chroniques, Cinéma

Un Road Movie à pied, sur L’été de Kikujiro de Takeshi Kitano

Dans L’été de Kikujiro (Kikujiro no Natsu, 1999), Takeshi Kitano prolonge sa série de portraits de personnages marginaux au sein de la société japonaise. Si jusqu’ici, ses films les plus connus présentaient des portraits de yakuza ou de policiers cherchant à s’émanciper d’un collectif oppressif patriarcal et violent par le voyage, Kitano adopte dans ce film le point de vue d’un personnage à contre-pied de ceux-là : un enfant, nommé Masao.

Chroniques, Jeu Vidéo

« BGE* », so far… Autour de la communication de Death Stranding.

S’il y a bien un jeu vidéo qui cristallise toutes les attentes et les théories depuis son annonce, c’est lui, Death Stranding, la dernière création du très respecté papa de la série Metal Gear, Hideo Kojima. Et s’il s’agira de parler d’un jeu vidéo qui n’est pas encore sorti et n’a à l’heure actuelle aucune date concrète, c’est parce qu’il est intéressant d’observer et analyser sa communication déjà singulière.

Chroniques, Cinéma

Et si on arrêtait de fantasmer ? Les Éternels de Jia Zhang-Ke

Les filles et fils du Jianghu est le titre original du film de Jia Zhang-Ke. Le Jianghu – littéralement « des rivières et des lacs » – représente des individus vivant en marge d’une société dans laquelle ils ne veulent pas s’intégrer. Bin et Qiao font partis de ces marginaux. Bin, chef de la pègre local à Datong dans la province du Shanxi, Qiao provenant d’une petite ville minière également dans la province du Shanxi. Elle fait ainsi un voyage récurent entre les bras de Bin et ceux de son père luttant, épuisé, contre une société de plus en plus capitaliste.

Chroniques, Cinéma

Don Orson Welles, réalisateur du Quichotte

Réalisé par Orson Welles à partir de 1957, monté par Jess Franco en 1992 [1], Don Quichotte fait partie des nombreux films inachevés du réalisateur parvenus en l’état de bribes, sans qu’un guide ne soit disponible pour se retrouver dans cet amas de chutes et d’essais. Welles a travaillé sur ce film avec une énergie intacte au fur et à mesure des années, sans script et en improvisant, pour livrer un film hospitalier, ouvert à l’accident et aux changements.

Chroniques, Cinéma

Le journal intime de Nanni Moretti, voyages en terres cinéphiles

Le cinéma occupe une place particulière, parfois centrale, dans les films de Nanni Moretti. Depuis la salle de cinéma jusqu’au tournage d’un film dans le film, les occurrences sont nombreuses au fil de son œuvre. Dans Journal Intime (1994) le cinéma apparaît en filigrane au cours de ses déplacements, de ses voyages. Il semble de fait souvent convoqué dans une forme d’interrogation politique. En premier temps le souvenir cinéphile et cette réflexion s’inscrivent au bout d’une opposition entre deux cinémas. Celui, contemporain, de James McNaughton, réalisateur d’Henry, portrait d’un serial killer (1990), et celui de Pier Paolo Pasolini, un cinéma regretté.

Chroniques, Cinéma

À l’aube du deuil, sur Train de Nuit de Jerzy Kawalerowicz

Train de nuit (1959) s’ouvre sur un escalier : les gens se précipitent, cherchent à se frayer un chemin dans l’effet de masse apporté par la plongée. Dans la gare, l’élan du voyage, l’impatience du départ, bousculent les personnages entre eux. Sac ou radio sous le bras, les passagers montent à bord de leur wagon. La caméra suit les corps qui parcourent un couloir, puis vient prendre place à l’intérieur, en captant l’entrée des derniers arrivants. Le train démarre.

Chroniques, Cinéma

Ayka, le rouge et le blanc

Œuvre poisseuse, amère, sirupeuse, Ayka dresse l’état d’un personnage en fuite, dans la ville de Moscou emportée sous la neige. Par l’instauration d’une caméra naviguant au sein de la blancheur de l’espace, suivant de près Ayka, jeune femme errante échappée d’une maternité, l’œuvre est toute entière imprégnée par la sécrétion : celle du sang, d’abord, qui irrigue la chair des plans jusque dans leur surface.