Chroniques, Cinéma

Un Road Movie à pied, sur L’été de Kikujiro de Takeshi Kitano

Dans L’été de Kikujiro (Kikujiro no Natsu, 1999), Takeshi Kitano prolonge sa série de portraits de personnages marginaux au sein de la société japonaise. Si jusqu’ici, ses films les plus connus présentaient des portraits de yakuza ou de policiers cherchant à s’émanciper d’un collectif oppressif patriarcal et violent par le voyage, Kitano adopte dans ce film le point de vue d’un personnage à contre-pied de ceux-là : un enfant, nommé Masao.

Hors-Champ

Plongée dans les univers hallucinés de Keerych Luminokaya — Luminokaya et Meshuggah

Un être humanoïde dans un état de stase, depuis des siècles sans doute. Si longtemps endormi que des plantes ont commencé à pousser non pas à l’extérieur, mais bien depuis l’intérieur même de son corps. Celles-ci recouvrent ainsi de l’être en stase, elles l’enveloppent même. Les images des moines bouddhistes s’immolant par le feu, semblant échapper à toute douleur lors de la mise à mort volontaire, nous sont tragiquement familières. Filmés à plusieurs reprises, les images qui en résultent ont même fait office de pochette d’album du célèbre album éponyme de Rage Against The Machine (1992).

Chroniques, Cinéma

Outrage-Outremarge, sur Outrage Coda de Takeshi Kitano

Clôture très efficace à la trilogie commencée sept ans plus tôt, Outrage Coda prolonge jusqu’à l’extrême le diagnostic de la société japonaise malade bloquée entre tradition et refus de la tradition. Les codes Yakuza explosent tout en restant dans la limite du cadre mafieux primaire: puisque la loyauté, la fierté et l’honneur ne sont plus des valeurs ancrées chez le yakuza, il ne subsiste que le désir du pouvoir et la cupidité.

Chroniques, Cinéma

Home Sweet Home, sur Mother! de Darren Aronofsky

Le cinéma de Darren Aronofsky est – pour faire dans l’euphémisme – assez clivant. Virtuose ou démonstratif, mystique ou ridicule, poétique ou niais, on ne peut lui enlever de provoquer avec ses films des sentiments extrêmement forts, qu’ils soient positifs ou négatifs. Mother! n’échappe pas à cela. Mother! est suffocant plus qu’il n’est angoissant. L’action va d’emblée dans le sens de l’intensité, du trop plein.